EDI entrepôt

Améliorer l’échange de l’information avec l’EDI

La gestion des stocks et globalement toute l’information produit, constituent un réel problème pour une majorité d’entreprises, tout particulièrement lorsqu’on est un industriel et qu’on officie dans le secteur des biens de grande consommation (CPG). Ajoutons à cela des contraintes réglementaires – par exemple celles des produits alimentaires – ou des techniques telles que le surgelé ou l’ultra-frais, et on obtient un véritable casse-tête.

Le juste-à-temps pour réduire la valeur du stock sur toute la chaine de transformation

Issu de l’organisation industrielle développée chez Toyota, le juste-à-temps repose notamment sur l’idée du « zéro stock ». Il constitue aujourd’hui encore un modèle de référence. En effet le juste-à-temps permet de limiter les frais de stockage : immobilisation de produits, donc immobilisation de capital, occupation de surface et accroissements des risques inhérents (casse, vol, détériorations diverses et variées, ou date limite de consommation pour les produits alimentaires). D’un autre côté le juste-à-temps poussé à l’extrême engendre des ruptures de stocks.

Mais si le juste-à-temps est une méthode qu’on peut appliquer au sein même d’une entreprise, il semble plus délicat de le mettre en application au sein d’une filière étendue. Pourtant la filière automobile est parvenue à le mettre en oeuvre tout en intégrant les sous-traitants de rang 1 et 2, et l’EDI (échange de données informatisé) a joué un rôle essentiel.

Mais comment procéder pour améliorer ses pratiques de stockage ? Grâce par exemple à la GPA (Gestion Partagée des Approvisionnements).

Lancée par la grande distribution, la GPA a pour but d’optimiser l’efficacité de la Supply Chain grâce à des techniques de logistique, dont l’objectif est d’abaisser les stocks en conservant le taux de service. Stratégie de réapprovisionnement continu, basée sur le partage de l’information et sur la coopération des acteurs de la Supply chain au sein d’une filière, aujourd’hui, la GPA se répand petit à petit dans l’industrie.

La GPA s’appuie sur l’échange de l’information avec l’EDI (échange de données informatisée) pour offrir aux industriels :

  • * une vision partagée sur ce qui se passe après l’entrepôt
  • * la capacité d’anticiper sur ce qui se passe dans les points de vente
  • * l’opportunité diminuer les ruptures
  • * d’abaisser le niveau de stock

 

« La bonne gestion de stock, c’est à la fois celle qui immobilise un minimum de ressources tout en évitant les ruptures. »

Mais comment diminuer la valeur de stock et son coût de gestion, tout en maintenant un taux de service maximum ?

Une extension de l’EDI au plus proche du consommateur

Mais pourquoi alors ne pas avoir recours au sur-stockage, autrement dit pourquoi ne pas stocker au maximum tous les produits ? Parce qu’il faut en avoir la capacité et idéalement sur les lieux de consommation. Ensuite le sur-stockage engendre des immobilisations et donc des coûts. Enfin, plus le produit est immobile, plus les coûts et le risque de perte de valeur sont élevés.

Un gestionnaire de stock doit donc en permanence trouver le juste équilibre entre la capacité à répondre aux demandes, en ayant le produit demandé disponible et la maîtrise de ses coûts. Pour cela, c’est-à-dire pour faire des réassorts au plus juste, il est nécessaire de partager au maximum l’information entre les acteurs : producteurs, transformateurs, industriels, logisticiens, distributeurs, voire consommateurs.

Les enseignes de la grande distribution proposent désormais aux industriels et aux producteurs l’accès (payant) aux informations de sortie de caisse. Ces informations concentrent les données collectées lors du passage des clients des magasins en caisses.  Elles sont principalement constituées des données d’achat, concernant un produit, son prix, sa quantité, la date et l’heure. Mais ces données de sorties de caisse peuvent aussi inclure des données enrichies sur les clients, via leur carte de fidélité.

Les données de sorties de caisse permettent de répondre à certaines questions :

  • * A quelles périodes et sous quel rythmes les produits sont-ils vendus ?
  • * Les produits théoriquement référencés sont-ils bien présents dans tous les points de vente ?
  • * Les promotions sur les produits de l’industriel sont-elles bien respectées ?

Ce dernier point est extrêmement important dans les relations entre industriels, producteurs et distributeurs. Il fait partie des points clés débattus en ce moment au sein de la filière alimentaire dans les États Généraux de l’alimentation.

Pour remonter l’information de promotion vers les producteurs et les transformateurs, il était nécessaire de passer par des sociétés spécialisées qui  mesuraient le rythme et l’intensité des promotions, l’investissement et la stratégie promo, et le positionnement prix.

Avant l’arrivée de ces sociétés spécialisées, les industriels pouvaient collecter les catalogues diffusés par les enseignes de la grande distribution et interroger des consommateurs pour savoir si les promotions qu’ils avaient accordées étaient bien respectées. Les données de sorties de caisse viennent compléter, voire même remplacer ces services.

Les consommateurs, au cœur de l’échange de l’information sur les produits

Les consommateurs : champions de la fiche produit dématérialisée

Les consommateurs jouent également un rôle dans la récolte d’informations sur les produits, et ce notamment grâce à des projets collaboratifs, qui permettent de produire leurs propres fiches-produits.

« Open Food Facts » est l’un de ces projets collaboratifs. Lancé le 19 mai 2012 par l’informaticien Stéphane Gigandet, la base de données Open Food Facts a pour objectif de faire mieux connaître la composition des produits alimentaires aux consommateurs, en répertoriant les ingrédients, les allergènes, la composition nutritionnelle et les informations présentes sur les étiquettes des aliments. Aujourd’hui, déjà 3400 consommateurs ont contribué au développement d’Open Food Facts, en utilisant l’application dédiée ou leur appareil photo.

 

En parallèle, d’autres applications ont vu le jour, comme YUKA, qui scanne les produits et analyse leur impact sur la santé. Le consommateur peut donc en un geste évaluer la qualité des produits qu’il mange ou bois ; YUKA donne en effet une note (sur 100) aux produits, en se basant sur leur composition et sur leur impact sur la santé. Ainsi une pub de céréales peut montrer que ces céréales sont bonnes pour les enfants alors que YUCA montrera le contraire.

L’information : matière principale de gestion des stocks et de promotion des produits

Avec la croissance des drives, la fiche produit est devenue un paramètre capital pour informer le consommateur. La fiche produit devient donc de plus en plus riche et l’EDI (échange de données informatisé) doit relever le défi. Pour les besoins du e-commerce et l’optimisation des ventes internet, la fiche produit est devenue une véritable page web référencée par le moteur de recherche ; la fiche produit est ce que l’internaute voit en premier sur internet donc elle doit réussir à l’attirer puis à l’orienter vers l’achat. En effet si en magasin le consommateur peut approcher et toucher les produits, lire les informations concernant le produit sur l’emballage, et être attiré par tel ou tel produit en fonction de sa mise en rayon (en tête de gondole par exemple), ce n’est pas le cas quand il fait ses courses en ligne. La fiche produit est donc importante car en plus de le séduire, elle permet d’informer au maximum le consommateur, grâce à un échange d’informations enrichi (le Rich media), entre les industriels et les distributeurs.

Le Rich media permet :

  • * D’associer aux informations textuelles descriptives du produit du son et de la vidéo
  • * D’offrir à l’utilisateur une interaction qui va au-delà du clic traditionnel
  • * D’utiliser un procédé d’affichage dynamique au-dehors des espaces classiques prédéfinis

 

Avant, les distributeurs géraient seuls leur propre site internet ce qui limitait le niveau d’intervention des services marketing des industriels. Aujourd’hui, industriels et distributeurs s’accordent grâce aux échanges d’information.  Désormais les services marketing doivent s’assurer que l’image du produit affiché sur l’ensemble des canaux de vente et de promotion soit bien conforme, et que les distributeurs industrialisent la mise à jour sur leur site de vente en ligne de la richesses des contenus proposés par les services marketing. L’EDI devient alors le moyen essentiel pour garantir Productivité et Qualité de l’Information. Ainsi, l’échange d’information à haute valeur ajoutée (rich media) pour l’ensemble de la chaine est aussi une question de rentabilité, voire de survie de tous les participants.

Le 24/11/2017.

Christophe Jourdan

Christophe Jourdan

Responsable avant ventes grands comptes, Expert Dynamics AX, Isatech

 

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